Suisse et jeux de hasard

La Suisse confirme son exception européenne en matière de jeux

4 mars 2015 Posted in casino terrestre by Pas de commentaire

L’Etat suisse rendra un rapport pour le moins controversé sur les jeux d’argent ce mois de mars. Et contrairement à ses voisins européens, la politique du gouvernement helvétique s’illustra par quelques paradoxes qui poussent à se poser la question suivante : l’Etat parviendra t-il à soutenir une industrie en perte de vitesse ?

Une loi restrictive et complexe

casinos suisse berneLa loi actuelle en suisse stipule que les sites de paris sportifs et les casinos en ligne sont interdits. Cependant, elle autorise les Suisses à jouer sur des sites étrangers. La loi sur le point d’être adoptée le mois prochain inversera probablement l’inverse de ce processus. Les joueurs devront alors se contenter d’une offre suisse très limitée, avec des octrois de licences qui se limiteront au niveau cantonal.

Par ailleurs, une association de jeux (Online Gambling Association Switzerland, OGAS) devrait être créée sous peu, mais elle ne pourra pas accorder elle-même les licences de jeux.

Du point de vue des experts, une régulation de ce type est plutôt indispensable en Suisse, même s’ils n’apprécient pas les modalités de la mise en œuvre du processus. Les casinos suisses ont enregistré des chutes de revenus de l’ordre de 5 à 8% en 2010. Or dans le même temps, les mises suisses sur les sites étrangers a atteint la somme de 82 millions d’euros. Pour les experts, la Suisse se doit de réguler le secteur pour des raisons fiscales et à cause de la pression des professionnels du secteur.

Une loi protectrice ?

loi suisse jeux argentLes partisans de cette loi prétendent que sur le long terme, elle protégera les joueurs suisses. Pour les professionnels du secteur, le projet de loi aiderait à lutter contre le blanchiment d’argent, la manipulation des rencontres sportives et l’addiction. Il faut néanmoins s’attendre à ce que des opérateurs étrangers profitent de la loi pour ouvrir des sites en Suisse en passant par des établissements terrestres locaux, comme c’est déjà le cas en Belgique.

Par ailleurs, le fait que les gains des joueurs ne soient pas taxés apparaît comme un vrai avantage pour les joueurs. Dans ce domaine, la Suisse restera donc fidèle à sa réputation de paradis fiscal, qui pourrait même attirer des joueurs plus aguerris d’Europe désireux d’éviter une fiscalité floue ou trop élevée.

Les prétendus avantages devraient quand même faire réfléchir. Avec une régulation aussi stricte et bien plus protectionniste que celle de la France, la Suisse qui a un nombre de joueurs 15 fois moins important pourrait verrouiller son marché des jeux de hasard avant même qu’il prenne de l’envol.

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