L’Asian Pacific Poker Tour : une compétition paradoxale

Le week-end dernier, Jason Mo a remporté l’étape coréenne de l’Asian Pacific Poker Tour, raflant du même coup la somme de 3 millions de wons (seulement 2 800 euros). Mais pour les joueurs présents à Séoul, la surprise était de taille, puisqu’aucun des 241 participants n’était coréen.

Une compétition surprenante pour les observateurs

asian pacific poker tourLe tournoi de poker coréen a vu un Américain gagner la compétition, suivi par un Singapourien et un Polonais. Sur la table finale, ce sont d’autres nationalités qui étaient visibles : Une Chinoise, un Canadien, un Russe, un Irlandais, et un Japonais.

Pourquoi aucun Coréen n’a pu se hisser au moins en finale alors que la compétition se déroulait au Paradise Walkerhill Casino, au nord du fleuve Han en Corée ? Parce qu’une loi locale interdit aux ressortissants du pays de jouer au poker dans ces casinos, réservés aux étrangers. Il y a même deux ans, le directeur du tourisme coréen laissait entendre que les Sud-Coréens n’étaient pas encore mûrs pour vivre les jeux d’argent comme un simple loisir.

La Corée connaît un développement extraordinaire depuis 20 ans, après des guerres successives contre son voisin du nord et le Japon. La culture du travail propre aux coréens n’a d’égal que le besoin de divertissement ; mais ce besoin doit être maîtrisé par les instances dirigeantes du pays. En effet, on estime que la population est encore très vulnérable à l’addiction et manque parfois de moyens pour concurrencer les joueurs étrangers dans des casinos haut de gamme. Jusqu’ici, seules les loteries et les courses de chevaux sont autorisées aux Coréens. Le poker en ligne, quant à lui, n’est pas encore régulé.

Kangwon Land : l’exception qui confirme la règle

tournoi poker coreeLe seul établissement autorisé à accueillir les joueurs locaux est le Kangwon Land Resort, à une centaine de kilomètres de Séoul. Mais là aussi, des restrictions existent : 15 jours de jeu par mois maximum, et une limite de mise de 300 000 wons (280 euros environ).

La situation semble pour autant ne pas être le seul fait de la Corée du sud. En fait, cette politique prévaut dans toute l’Asie, à l’exception de Macao et Hong-Kong. Ces pays pensent que les joueurs locaux sont un marché à ne pas négliger. Il n’est donc pas étonnant que ces deux territoires accueillent de nombreux joueurs asiatiques.

Le WPT a récemment décidé d’organiser une autre étape du tournoi sur l’ile de Jeju-Do, une île située à 85 km au sud de la Corée. 300 joueurs y sont attendus du 15 au 20 décembre.

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